Cap Vrai pour RCF Vendée – Mai 2017

Cap Vrai pour RCF 85        (Clic pour Télécharger le document)

 RCF Vendée (Radios Chrétiennes Francophones)  donne chaque mardi la parole à l’association MERAVENIR. Le 4/5/2017 Anita Trichet devait interviewer Claude Babarit à propos de CAP VRAI.  Ce qui fut fait à partir du texte que voici.

Cap Vrai  dont vous voulez nous parler  rejoint-elle le projet  de Meravenir ?

Cap Vrai est une association  de  gens  de mer qui proposent  une  animation spirituelle  de  la plaisance,  un ressourcement  par la  vie en mer et en équipage,  un  partage  entre  gens de bord de mer,  gens  de l’intérieur et  navigants. La plaisance est cette activité qui se multiple,  se diversifie, depuis le jeune qui attend la  vague sur la  grande plage des Sables d’Olonne sur sa simple planche de surf,  jusqu’aux  écoles de voile et à la navigation sur de grosses unités. De plus à la voile quand on est en mer pas besoin de carburant, le vent suffit. Meravenir se propose d’éveiller, de  sensibiliser aux problématiques et aux ressources liées à la mer. A Cap vrai peut-il en être autrement ?

Cap Vrai,   voilà une  appellation qui  demande explication

 Quand  on est en navigation   il  faut  prendre une direction, surtout quand on n’a plus aucun repère terrestre, un cap et le  cap vrai, le  bon cap,  c’est  la  direction  indiquée par l’aiguille de la boussole, du compas en termes de navigation sur une route que l’on s’est donnée. Il y a lieu de changer de cap quand  surgit un obstacle, par exemple un bateau venant en face ou une balise  interdisant  la navigation.

D’ accord  pour  la notion de  Cap vrai, mais vous lui donnez une dimension spirituelle?

C’est à l’initiative du  fondateur de l’association le P. Yves Dominique Mesnard, un religieux dominicain  qui l’explique dans un beau livre « mes racines sont dans la mer » , un très beau titre,  «  je  découvrai, dit-il  des chrétiens enthousiastes de la voile  qui s’interrogeaient sur la qualité de cette activité et sur l’épanouissement spirituel qu’ils pouvaient y trouver ;   c’était en 1969 nous avons appelé notre   jeune organisation   «  association  pour l’animation  spirituelle,  culturelle et éducative de la Plaisance ».  Cela faisait un ensemble  d’initiales assez barbares.  Comme cela m’arrive quelquefois  je me réveillai  un matin  en me répétant ces mots : « cap vrai – cap vrai »  le nom était trouvé.

Vous avez dit « plaisance » : ce mot de plaisance  n’est il pas un peu gênant : ne renvoie t il  pas plutôt  à  un loisir de gens fortunés ?

On a fait ce reproche. Le P. Mesnard enfonce  le clou quand il écrit : » en un temps où l’Eglise dirige  son attention vers les plus défavorisés et se veut pauvre –  et l’ancien aumônier de jeunes travailleurs que je suis ne peut que s’en réjouir   profondément –  quel  scandale,  s’indignent certains,  de mobiliser  prêtres et laïcs pour l’évangélisation de la plaisance ».

Mais il répond aussitôt  à la  page 58  de  son livre, «   les  statistiques sont formelles :  plus  de 40 % des propriétaires  de bateaux  sont  de milieux dits populaires  et  les  classes moyennes représentent une large fourchette sur  cette proportion. Evidemment  les riches ont les plus beaux  et les plus gros bateaux,  cela peut paraitre choquant et provocateur  en des ports  comme  Cannes.  Mais Cannes n’est pas toute la plaisance. Combien  de  petites gens  du littoral  ont leurs bateaux.  On peut ajouter aujourd’hui, avec la prolifération des ports de plaisance on voit même des « voileux », comme l’on dit, vivre dans un port sur un bateau  pour ne pas avoir à payer un loyer en appartement.  Sur nos  routes  nous rencontrons   ces  voitures  transportant  sur remorque  un bateau pour une sortie en mer de quelques  heures  ou pour tout un été.

La plaisance  seulement  en mer?

Non. En  effet  et  c’est  encore  là le P. Mesnard qui parle :  la plaisance  s’étend  non seulement aux lacs et aux étangs mais aussi  à  ces  admirables  voies d’eau intérieures  que la France possède et qui sont moins utilisées par la batellerie de commerce, du moins dans certaines  régions.

Il existe aussi une navigation de plaisance sur nos rivières et canaux de l’Ouest ?

Bien sûr, toute une  flottille  s’est  constituée  avec  de petites  péniches  habitables, sortes de mobil home sur l’eau, en un peu plus grand,  qu’on peut conduire sans permis,  si on la prend  en location chez un loueur professionnel.  De plus  en  France  circuler sur les rivières est entièrement  gratuit, même si l’entretien des canaux est une charge importante pour l’Etat.  Sur le canal  de Brest à Nantes, on peut venir  s’amarrer à deux pas  de  la cathédrale  de Nantes au quai de Versailles.  On peut  aussi  remonter la Mayenne et accoster  au  centre ville  de Château Gonthier, de Laval,  ou bien   descendre  la  Charente au départ  d’Angoulême  et voir  défiler quasi silencieusement là encore de très beaux  paysages.

Vous  avez  pratiqué ces navigations : quel  serait  l’un de vos  meilleurs  souvenirs ?   Il y en a beaucoup, peut-être  celui  d’une navigation au  départ  de Sablé,  sur la Sarthe  en équipage, sur une péniche  de location.  Accostage au  pied de l’abbaye de Solesmes sur  un ponton qu’on pourrait croire posé là  tout exprès  pour  vous,  y  passer  la nuit au bord de la rivière,  puis  monter  par le sentier  au petit  matin rejoindre  les moines  à l’office  et à la  messe.  Puis reprendre  la  navigation après ce temps de nourriture spirituelle  exceptionnelle.

La mer, l’eau  vous  porte à la prière et à la contemplation ?

Tout naturellement  quand  défile  le paysage  de pleine nature  sans  bitume,  sans  artifice : il en est ainsi   sur les canaux  et  rivières,   ou alors  quand  vous   êtes  en  pleine mer et que l’horizon recule  à n’en plus finir, par exemple entre  l’ile d’Yeu et les Sables d’Olonne,  c’est alors que monte en vous le chant composé par Patrick Richard « par tous les océans et toutes les rivières, je veux crier mon  Dieu présent en toute création. Le père Mesnard citait  ce  proverbe arabe :   « si tu veux apprendre à prier,  fais connaissance  avec  la mer ».

Pourtant  tout  n’est  sans doute pas idyllique dans  une navigation même  si elle est  de « plaisance »

En  effet, à moins  d’être un navigateur  solitaire,  c’est la vie en équipage  avec  ses exigences,  des  manœuvres qui s’imposent,  une vie plus compliquée qu’à terre,  le  frottement  et parfois l’affrontement  des  caractères et des tempéraments. Et quand  vous êtes en route  pour 5 ou 10 heures  sans escale,  vous  ne pouvez pas aller faire un petit tour au jardin pour  calmer l’orage qui monte en vous. Mais l’expérience  d’être  dans le même  bateau,  au sens propre du mot,  crée un sentiment  de solidarité.  Quand on touche  terre,  quand on  met le pied sur le plancher des vaches,  c’est le sentiment d’un vécu commun qui subsiste.  Combien de jeunes en difficulté sociale,  placés en maison par  le Ministère de la Justice  se sont  trouvés  renouvelés,  apaisés,  après un week-end ou une semaine de mer.

Cap Vrai  s’est trouvé à  rejoindre quelques-uns de ces  jeunes ?

Aux Sables d’Olonne il y a chaque été la journée « avance au large »  créant du lien entre gens du bord de mer et  vacanciers. Cap vrai  soutient et encourage cette initiative qui continue  de se vivre avec  la paroisse et la Pastorale du Tourisme.  Cette année ce sera le jeudi 10 août. Il y a aussi L’opération « Grand  Largue » chaque été  emmène, pour un week-end,  des jeunes  confiés à la justice et résidents en des  centres  d’hébergement.  Ceci  par un embarquement  à partir de plusieurs ports, de La Rochelle à La Bretagne -sud. Ainsi plusieurs années de suite, entre les Sables d’Olonne et l’ile d’Yeu  on a vu le pavillon « Cap Vrai »  flotter  sur l’un des  vingt bateaux  qui emmènent  des  jeunes de ces centres, venant  de tout l’Ouest de la France  pour  deux jours  et deux nuits.  Il faut rendre hommage  aux  éducateurs  qui les accompagne et aux bénévoles de l’association  qui renouvellent  chaque année  l’opération. dénommée Grand ‘Largue. Une expérience inoubliable pour la plupart de ces jeunes qui n’ont pas d’autre occasion d’aller en  mer.

Autre initiative. Chaque été  des  jeunes  et adultes  pour lesquels l’idée même de partir en vacances paraissait un rêve impossible  sont   accueillis  à la maison La Pacifique à la Tranche sur Mer. Chaque semaine et   sous  l’égide de Cap Vrai  ceux qui le veulent peuvent vivre gratuitement  une journée  en mer sur un voilier, ce qui est toujours  une expérience mémorable,  Ainsi chaque fois, trois ou quatre jeunes ou adultes arrivent  à bord du voilier Kappa aux Sables d’Olonne. Sortie en mer. Initiation aux gestes d’équipier : hisser la voile, tourner les manivelles, se mettre au rappel, lire les instruments de navigation électronique… Après quelques heures en mer, retour au ponton et l’on parle. Ce jour-là, cette jeune fille se dit catholique affirmée. Ce garçon est musulman et sa maman qui l’accompagne fait le ramadan, donc pas de casse-croute à bord pour elle. Cette autre annonce qu’elle n’a pas vraiment fait le choix d’une religion. Etonnement de plusieurs de  rencontrer un prêtre qui est aussi skipper  et ailleurs que dans une église.

C’est  aussi  sous  l’égide de Cap Vrai  que  chaque été, en aout, la communauté des Béatitudes à la Chaume aux  Sables  d’Olonne organise  deux  semaines  de  navigation sous l’appellation « mer et prière » 

Quelle  visibilité pour Cap Vrai  sur le territoire français ?

Cap Vrai, a connu son  premier développement  en Méditerranée  au fort de l’Alycastre à Porquerolles,  Après le  décès du P. Yves Marie Ménard, son fondateur, l’association  s’est  délocalisée en Bretagne- Sud  dans les  abords du Golfe du Morbihan  où elle a son siège social et où elle organise de nombreuses sorties en mer pour des lycéens, des personnes  en difficulté sociale.  De plus, chaque été  au fort de l’ile d’Hoedic  les  touristes  peuvent apprécier l’exposition photographique conviant  à un  voyage dans le passé  et  dans l’aujourd’hui de la mer, dans cette ile dont on peut faire le tour en deux heures.

Il y a surtout le « salon nautique de Paris »  en  décembre  sur une  semaine encadrée par deux dimanches. Depuis les origines de  ce Salon  Nautique  porte  de Versailles  une messe  est célébrée chacun des deux dimanches dans  l’un des grands salons de l’exposition. On y voit des organisations  comme  les Pèlerins de la Mer,  ou Vivre en mer  et  des troupes scouts, notamment  des  scouts marins.  Chaque fois la SNSM Société Nationale  des Sauveteurs  en mer  y est  représenté et,  dans la prière, on   fait mémoire des Péris en mer.  Tout au long de la semaine, entre les deux dimanches, des bénévoles  se relaient  pour une permanence à  un stand à l’intérieur de ce  Salon Nautique où défile un public venu pour  rêver,  bien plus  souvent que pour acheter. La Vendée, leadership de la construction pour la plaisance y tient aussi son stand ainsi que les  grands chantiers nautiques de ce département.

Autre salon Nautique « le Grand Pavois »   à  la Rochelle,  chaque année  fin septembre ou début octobre pour 4 ou 5 jours  incluant un dimanche avec un stand  « Cap Vrai »  et la messe  dominicale sous une grande tente en bordure de la plage des Minimes. Animation par une chorale  paroissiale,  et là aussi la présence de la SNSM et des représentants des Affaires Maritimes et des Autorités Portuaires.

Quel vivre  ensemble  entre gens  de mer : comment concilier la mer du  travail et la mer du loisir ?

Marins pêcheurs,  marins du commerce  et marins  plaisanciers, les  uns  et les autres sont soucieux de la vie  et  de la survie du milieu maritime :   au-delà  d’intérêts divergents, le dialogue ne cesse  de  se développer. Il faut entendre une  question celle que pose, à juste titre,  la Mission de la Mer  de Charente Maritime. Comment pêcheurs,  conchyliculteurs,  navigants de la plaisance,  adeptes du motonautisme,  pêcheurs plaisanciers,  etc. peuvent-ils vivre ensemble et œuvrer dans   le  respect du milieu marin ?…  Réponse de nos amis charentais.  La  bonne utilisation de la mer  nourricière et de la mer de détente doit être possible.  Réfléchissons,  dialoguons, agissons  en  ouvrant et en confortant des chemins d’espérance  dans  le monde maritime. Rejoignant ici Meravenir et la Mission de la Mer,  l’ambition de Cap Vrai  est d’y contribuer.  A visiter  sur internet Capvrai.com.  Bon vent à tous les amoureux de la mer.

claudebabarit@orange.fr

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